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Le département de la Loire

Présentation du département de la Loire

carte LoireSitué dans le quart sud-est de la France, en région Rhône-Alpes, ce département tout en longueur suit le cours du fleuve du même nom lorsqu’il débouche du Velay jusqu’au début du bassin de la Limagne.
L’orientation nord-sud est une composante déterminante de ce département. Outre le cours du fleuve, les principales formations du relief suivent cet axe d’organisation. En effet, la Loire s’écoule dans la plaine du Forez et le bassin du Roannais. Ces deux ensembles sont séparés par le seuil cristallin de Neulise, encadrés à l’ouest par les monts du Forez, prolongés au nord par les monts de la Madeleine et à l’est par les monts du Vivarais et du Lyonnais, entre lesquels se niche la dépression de Saint-Étienne.
La géologie du Massif central, fragment de la vieille chaîne hercynienne au même titre que les Vosges et le massif armoricain, conditionne les contrastes de ce département. Après les plissements de l’ère primaire, puis la formation au carbonifère des bassins houillers, la chaîne hercynienne fut nivelée par l’érosion, laissant affleurer à l’air libre les roches de profondeur du massif : granite, gneiss et schiste. Les dislocations de l’ère tertiaire, lors de la formation des Alpes, ont fragmenté le relief en compartiments inégalement soulevés, et ont suscité une activité volcanique. Les sucs dans les monts du Forez, les monts d’Uzore, les pitons basaltiques de Montverdun et de Saint-Romain-le-Puy dans la plaine du Forez, ainsi que les eaux thermales du département, sont le reliquat de ces failles ouvertes dans les entrailles de la terre. Ainsi, les plaines du Forez et du Roannais sont des bassins d’effondrement orientés nord-sud qui ont guidé le cours supérieur de la Loire. Ces bassins se terminant en cul-de-sac, à la fois vers le nord et vers le sud, le fleuve a grignoté son lit dans des gorges profondes : les gorges de la Loire en amont, proches de Saint-Étienne, site sur lequel a été construit le barrage de Grangent et dont les rives sont classées en réserve naturelle volontaire ; les gorges en aval au nord de la plaine du Forez, site du barrage de Villerest.
C’est un département à visages multiples.
Il offre un relief de moyennes montagnes au climat rude et capricieux, avec les grandes dénivellations des monts du Forez, dominant de plus de 1 000 mètres la plaine du même nom. Photo LPO-LoireCes monts sont couronnés par les paysages si particuliers des hautes chaumes, lieux d’estive pour les troupeaux, et par les tourbières d’altitude, où l’on peut observer des espèces montagnardes telles que l’Accenteur alpin et, un peu plus bas, la Chouette de Tengmalm dans les forêts de résineux.
Les monts du Pilat, dans le parc naturel du Pilat, partie la plus septentrionale des monts du Vivarais, abritent les points les plus élevés du département (1 432 mètres au Crêt de la Perdrix). Véritable château d’eau du bassin stéphanois, ils soumettent aux vents leurs cimes déchiquetées en éboulis pierreux si caractéristiques, les Chirats, enchâssés dans des landes herbeuses aux arbres rabougris.

Des plateaux ondulent jusqu’aux pentes du Rhône avec une influence plus méridionale, jusqu’en Ardèche et en Haute-Loire. La chaîne des Boutières, aux monts recouverts par la magnifique forêt de Taillard, les limite au sud.
Les monts de la Madeleine, au relief accidenté et contrasté, les monts du Lyonnais, moins rudes, rejoignant la douceur du Beaujolais, représentent d’autres aspects encore du département. Tous ces reliefs, marqués par une agriculture de montagne, ont connu un exode considérable qui a conduit à l’abandon des terres et à la plantation de bois de rapport, résineux pour la plupart, sapins Douglas ou épicéas. Ainsi, les pâturages des monts se sont hérissés de forêts sombres, cédant périodiquement, par pans entiers, sous les assauts des tronçonneuses. La gestion maîtrisée de ces espaces sera un enjeu majeur dans la survie économique et écologique de ces zones. Toutefois, leur diversité est une promesse de développement : forêts de sapins, douces hêtraies ombreuses, beaux pâturages constellés de fleurs des printemps tardifs, ruisseaux ondoyant dans les cuvettes humides. Les dépressions, au climat plus doux, sont plus urbanisées, notamment la vallée du Gier, le bassin stéphanois et la vallée de l’Ondaine. Ces foyers industriels ont connu un fort déclin après les fermetures successives des mines, des entreprises sidérurgiques, textiles, puis mécaniques. Ces vallées offrent aujourd’hui des friches industrielles qui, devenues buissonnantes, sont le refuge d’espèces insolites en pleine cité.
Photo LPO-LoireLa plaine du Forez, anciennement marécageuse, asséchée et aménagée autour de nombreux étangs par les moines essarteurs du Moyen Âge, offre de belles zones humides, refuge appréciable pour les oiseaux migrateurs descendant du nord de l’Europe, soit pour une étape vers des destinations plus méridionales, soit pour un séjour prolongé. Agricole, riche et repue d’élevage, cette plaine offre des îlots incongrus, des microclimats où se sont épanouies des espèces d’insectes ou de végétaux plus courantes au sud. Son bocage a souffert lors du remembrement, et la culture du maïs a gagné de grandes étendues. Le fleuve ondoie lentement dans cette plaine, et sa ripisylve, partiellement préservée, est un havre de paix pour de nombreuses espèces d’oiseaux chanteurs.
Les gorges de la Loire abritent, elles aussi, une mosaïque de milieux fortement contrastés. Le naturaliste y découvrira  une richesse et une diversité insoupçonnées d’oiseaux, notamment de rapaces.
La caractéristique principale du département de la Loire est d’être en limite de répartition d’espèces méridionales et septentrionales. Ainsi, on observe en de mêmes lieux des espèces d’oiseaux qui ne se côtoient pas ailleurs (Pouillot fitis et Pouillot de Bonelli, par exemple). La structure du relief et les contrastes climatiques accentuent cette diversité de l’avifaune, régal pour les yeux et les oreilles de l’amoureux des oiseaux.

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